Régis Feugère
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Franchir les lisières, 2023/2024.

La nuit a une grande affinité avec le songe, la vision, la veille et l’introspection. C’est un phénomène de la nature des plus importants. Ce contact avec la nature, permis par la nuit noire, est constitutif de l’être, forge les questionnements propres à l’humain, mais aussi nourrit ses peurs et son imagination dès le plus jeune âge. La nuit opère d’innombrables métamorphoses et créée une perception altérée, presqu’abstraite du paysage, une épure. C’est aussi l’univers intérieur du regardeur que la nuit tutoie, notre propre nuit intérieure avec ses rêves, ses craintes et ses émerveillements. La nuit ce n’est pas simplement le noir, c’est une chose qui nous transforme et qui transforme notre façon d’agir et de percevoir et qui remet en cause nos acquis culturels en plus de notre perception visuelle. Il semble que l’activité de l’homme mette fin au règne de l’obscurité durant la nuit, on peut penser que bien souvent le territoire est asphyxié par la lumière. En plus du gaspillage d’électricité, cette augmentation de lumière artificielle saisit à la fois les aspects socioculturels (accessibilité au ciel étoilé), écologiques (espèces et systèmes affectés par la lumière artificielle) et sanitaires (perturbations des rythmes circadiens et hormonaux, etc.) de nos sociétés. La vision scotopique a-t-elle encore droit de cité dans notre société de la surexposition ? Pouvons-nous encore revendiquer l’obscurité comme nécessaire à nos vies ? Et pour aller plus en avant, peut-on voir dans cette volonté de toujours trop éclairer une emprise insidieuse sur ce qui résiste ? Ce qui ne peut s’expliquer dans la nuit, ce qu’elle fait résonner en nous, serait donc une des dernières séditions face à un quotidien toujours plus contrôlé et rationalisé. Ces images ont été réalisées en Europe durant un an.
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Travail soutenu par l’ADAGP grâce à une dotation/temps de recherche artistique en 2024. Certaines images de ce travail ont été réalisées lors d’une résidence de création à la Villa Ruffieux en Suisse durant deux mois en 2024, d’autres au Bel Ordinaire à Pau durant un mois en résidence de recherche au printemps 2024.